1 mois au Brésil : Les coulisses du voyage…

Mon itinéraire en 1 mois

1 mois s’est écoulé depuis le début de mon voyage, et déjà tant de surprises et de découvertes ! Cet article sera pour moi l’occasion de vous faire découvrir les coulisses d’un voyage en solitaire, les difficultés que présente ce genre de voyages, les surprises et découvertes qui en découlent, bref, tout ce que je n’ai pas encore partagé avec vous.

Commençons d’abord par quelques chiffres…

25 jours
26 nuits
20h de vol
29h de bus
4 992 km parcourus
45km de randonnée
6 étapes
8 dortoirs
10 belles rencontres
4h de galère (ça va encore)
596h de bonheur

Si je devais résumer ce premier voyage en quelques mots je parlerais de merveilleuses et parfois difficiles découvertes culturelles et naturelles, de rencontres, d’amitiés, de liberté, de spontanéité, de plénitude, de confiance mais aussi de difficultés, de nostalgies et de solitude parfois.

C’est une vraie chance que de pouvoir s’offrir 9 mois de voyage autour du monde et je profite de chaque instant, mais ce ne sont pas tous les jours des vacances, on vit aussi des moments pénibles, d’autant plus lorsque l’on voyage seule :

1ère difficulté : La langue. Ne pas réussir à s’exprimer dans un pays où personne ne parle anglais. Heureusement j’ai découvert l’appli Duolinguo qui m’a permis chaque jour d’apprendre un peu plus le portugais pour connaître ne serait-ce que les bases du quotidien. Le portugais est bien différent de l’espagnol, dans les mots comme dans la prononciation. Il est donc difficile de s’exprimer, de comprendre et de négocier ! Mais bon, on s’en sort toujours un peu avec les mimes et les bruitages !

2e difficulté : Planifier son itinéraire, trouver les bons moyens de transports en comparant les prix, trouver de bonnes auberges de jeunesse où dormir. Quel vol dois-je prendre pour que celui-ci soit synchronisé avec le bus qui m’emmènera randonner, puis combien de jours de treks pour attraper le bus retour et le vol qui suivra en fonction de l’arrivée du bus ? Et quelle auberge ouverte 24h/24 si j’arrive après 22h ?? Casse-tête chinois… Personnellement, j’adore ça, donc je ne considère pas cela comme une perte de temps mais je n’ai justement pas toujours le temps et cela peut être très stressant. Bref, je suis ma propre agence de voyage et cela prend beaucoup de temps.

3e difficulté: Le confort mis de côté pour plusieurs mois. Quand on voyage au long terme on fait bien entendu attention à son budget et on veut faire des rencontres. Qui dit rencontres et budget dit forcément auberges de jeunesse ! Pendant 1 mois je n’ai dormi qu’en auberges, voire même dans des maisons insalubres lors des immersions en pleine nature. On partage une chambre avec 8 autres personnes, garçons et filles, on doit sans cesse faire et défaire son sac, bien faire attention à toujours fermer son casier pour ne pas être volé. On ne peut installer ses affaires nulle part, ni dans la chambre ni dans la salle de bain. Quand on rentre tard on doit faire attention à ne réveiller personne et quand on se couche tôt on est réveillé par ceux qui allument la lumière. Une salle de bain pour 8 signifie se dépêcher pour ne pas monopoliser la douche et bien ranger son savon à chaque fois pour être sûre qu’un colocataire ne se lave pas avec…On a parfois d’ailleurs l’occasion d’avoir au dessus de soi sur le lit superposé un grand costaud qui ronfle à pleine narine toute la nuit. Changement de chambre oblige…J’ai tout de même 1 critère dans mes choix d’auberge: salle de bain privative dans le dortoir, sans toujours avoir de l’eau chaude, certes…

La vue au réveil en auberge…

4e difficulté: L’hygiène. Je porte sur mon dos un sac de 50L, donc attention à ne pas être trop encombrée. 2 shorts, 2 t-shirts, 6 culottes, 1 pyjama, 1 tenue de rando, 1 tenue pour sortir, 1 maillot, une serviette. Croyez-moi ce n’est pas facile tous les jours notamment lorsqu’on ne s’arrête qu’une nuit dans un endroit, on ne peut pas faire de lessive. Alors on apprend à mettre deux fois la même culotte, à reporter des fringues dans lesquelles on a transpiré…pas drôle mais pas le choix ! Après tout, ce n’est pas parce qu’on porte deux fois le même sous-vêtement qu’on va tomber malade, si ? On apprend aussi à faire ses lessives sous la douche, c’est sympa…alors quand on arrive dans une grande ville et qu’on peut enfin faire une vraie lessive, c’est le bonheur assuré !

5e difficulté: Devoir sans cesse se faire de nouveaux amis et quitter ces nouveaux amis alors qu’une vraie connexion s’est faite entre nous. Chaque fois que l’on arrive dans une auberge, on en vient à discuter avec les gens, soit par envie car on ne veut pas se retrouver seule, soit par dépit car on est seule à une table donc les gens viennent nous parler. C’est un stress permanent à chaque changement de destination: est-ce que je vais rencontrer des gens dans cette auberge/ville ? Est-ce qu’il y aura un trek organisé dans tel ou tel montagne ou vais-je me retrouver seule ? Et puis finalement, il n’y a pas un seul endroit où on ne rencontre personne ! Les amitiés éphémères peuvent être assez difficiles à quitter. Je pense notamment à mon groupe de rando à la Chapada, j’en suis toujours un peu nostalgique aujourd’hui.

6e difficulté: Etre loin de ses proches en France. Parfois, on se sent loin et impuissant face à ce que vivent nos proches. On a envie d’être là dans les bons moments et envie d’être présent pour nos plus proches ami(e)s dans les moments difficiles. Internet ne remplacera jamais notre présence physique et celle de nos proches, c’est parfois difficile. Et encore une fois, les rencontres sont là pour nous permettre de ne pas être trop seule dans ces moments de solitude.

Mais à toutes ces difficultés sont ajoutées de grandes fiertés !

– La langue : d’abord on se dit qu’on apprend une 3e langue, ça c’est enrichissant. Puis quand on arrive à se faire comprendre ou à sortir une phrase correcte grammaticalement alors là c’est l’extase !

– La préparation de l’itinéraire : j’ai réussi à booker un avion puis à monter dans le bus pour 7h de voyage, à arriver tranquillement dans une auberge au milieu de nulle part pour partir faire un trek de 3 jours le lendemain et revenir par le bus de nuit avant de prendre un nouvel avion. Quand on arrive à planifier ça seule, sans encombre et que tout se passe pour le mieux, on est vraiment très fière. Ça paraît minime mais c’est très éprouvant !

– Le confort : quand on a vécu 28 ans dans le confort et qu’on se dit que pendant 9 mois on va mettre notre confort de côté et qu’on va apprendre à vivre à la roots c’est plutôt amusant en fait. On rit de certaines situations, on se recentre sur l’essentiel en se rendant compte aussi que certaines choses de notre quotidien étaient peut-être inutiles finalement…

– L’hygiène: Cela fait beaucoup de bien aussi de ne pas se poser de question sur les fringues que l’on va porter, sur la manière dont on est habillée, sur notre look au quotidien. On vit au naturel tout simplement.

– Le stress des rencontres et la tristesse de quitter ces nouvelles amitiés: on quitte une ville en appréhendant la suivante, en se disant que ça ne pourra jamais être aussi bien que ce qu’on a vécu et finalement on se surprend toujours à rencontrer d’autres personnes, différentes mais tout aussi surprenantes. Et quand c’est le cas, on est fier d’avoir osé faire un pas vers l’autre et partager un bout de chemin avec un inconnu. On part des souvenirs plein la tête.

– Etre loin de ses proches: le manque s’installe mais tous les matins on a un petit message au réveil. Une histoire qui nous fait rire ou simplement un « je pense à toi ». Ça ravive le cœur et ça nous rappelle que l’on est entourée et aimée.

Et puis toutes ces difficultés finalement sont le but ultime de ce voyage: Me dépasser, découvrir mes limites, braver mes peurs, me débrouiller seule, me faire confiance et faire confiance à l’autre.

La veille de mon départ, mon beau-père m’avait partagé la citation de Friedrich Nietzsche « Deviens ce que tu es, quand tu l’auras appris ». C’est par toutes ces rencontres, ces difficultés, ces moments de joie que j’apprends petit à petit à devenir ce que je suis (et non pas ce que j’aimerais être). Ce voyage me permet de me recentrer sur l’essentiel, et sur moi-même. Comme me le disait mon frère, ce voyage je ne le fais pour personne à part moi. C’est la liberté, quel grand bol d’air frais !!

Qu’ai-je appris au Brésil ?

  • Avant tout, le pays regorge de cultures et paysages divers et variés qui permettent d’être dépaysée et de se cultiver en seulement quelques heures. Nos yeux et notre esprit ne s’ennuient jamais
  • Les Brésiliens sont des gens gentils, plein de joie, prêts à aider, peut-être aussi parce que je suis une femme je ne sais pas…
  • Qui dit rencontre dit partage : j’ai appris qu’on croise toujours des voyageurs qui nous conseillent sur les choses à faire, les endroits où aller, les auberges où dormir. Cela permet de vivre le voyage au jour le jour et de faire confiance.
  • En ayant vécu la ville, la montagne, la mer, je me rends compte que ce qui me plaît le plus est de me retrouver en pleine nature. Je me dépasse (car je ne suis pas sportive du tout et j’ai peur des bêtes, vous l’aurez certainement compris), j’ai du temps pour penser et réfléchir et je vis en immersion totale avec d’autres voyageurs d’horizons parfois opposés qui m’apportent leur savoir et leur expérience à la fois sur le pays et sur la vie.
  • J’ai appris que je savais me débrouiller toute seule et vaincre mes peurs et mes craintes. En France, j’avais toujours un proche auprès de moi ou à appeler pour me venir en aide en cas de problème. Au Brésil, je suis seule, je dois trouver moi-même la solution. Pas de panique: on s’assoit, on respire, on repose notre esprit, on s’active, et le tour est joué, on s’en sort !
  • Je me suis rendue compte que ce tour du monde n’était pas qu’un simple voyage, une petite pause dans ma vie. Je comprends mieux maintenant pourquoi les gens m’ont répété tant de fois que j’étais courageuse, que ce départ était exceptionnel, qu’ils n’oseraient jamais le faire. Je prends conscience qu’effectivement il faut avoir de la volonté, oser aller vers les autres, oser se tromper, oser s’appuyer sur l’épaule d’inconnus et faire confiance, réussir à être seule et heureuse seule. Maintenant je le sais et j’en suis sûre: je suis une fille indépendante, ouverte, débrouillarde et audacieuse. Alors quand j’ai un coup de mou, je me le répète et l’énergie revient.
  • Je commence à comprendre ce qu’est la liberté, la vraie. Celle qui nous fait dire qu’on vit notre vie pour nous-même et non pas pour les autres. Attention à ne pas confondre avec l’égoïsme qui veut que l’on ne se préoccupe pas de la vie des autres, quitte à faire du mal à l’autre. Je me rends compte que la liberté c’est simplement se libérer de tout ce qui est néfaste à notre vie et se recentrer uniquement sur ce qui nous rend heureux. Le fait de ne rien prévoir à l’avance, de faire face à l’inconnu et de dépasser ses limites nous mène petit à petit vers la liberté et le bonheur
  • J’ai appris que lorsqu’on voyage seule, on n’est JAMAIS seule ou bien on l’est quand on en a envie.
  • J’ai pris conscience aussi que malgré les rencontres, personne ne remplacera jamais les vrais amis et la famille, mais on se dit qu’après tout, ce n’est que pour quelques mois !
  • J’ai appris qu’il fallait relativiser sur les aléas de la vie, profiter de l’instant présent et s’enrichir des personnes qui nous entourent, c’est elles qui nous permettent aussi de nous dépasser chaque jour

En conclusion, plus qu’un simple voyage et de simples vacances, cette expérience me permet de me libérer du commun, de mieux connaître MON fonctionnement et de mieux ME connaître moi-même, avec et sans les autres. J’ai hâte de découvrir le reste du monde et de devenir de plus en plus ce que je suis car je suis encore loin de l’avoir appris !

Petite vidéo récap de ce mois merveilleux pour vous dépayser un peu !

Boa Noite Brasil !

2 réflexions sur “1 mois au Brésil : Les coulisses du voyage…

  1. Coucou ! Alors ça a été le lendemain pour rentrer à Barreirinhas ? On a pensé à toi car on a pas eu de nouvelles ! Nous on est partis ensemble en bus de Barreirinhas, arrêt pour moi à Jeri et eux ont continué. Alors tu en es où maintenant ? Comment ça se passe ? Ajoute moi sur Facebook, on sera peut-être en Bolivie à peu près en même temps 😉

    Facebook : Luce Blieu
    Instagram : l_ile_bleue

    Bisous !

    J’aime

Laisser un commentaire