
5 jours après mon arrivée en Colombie, je quitte la fraîcheur de Bogota pour m’envoler vers la côte Caraïbes (et sa chaleur étouffante !!). Première étape: Santa Marta, passage obligé pour randonner dans les montagnes de Minca et partir à la découverte de l’incontournable Parque Tayrona.
Je suis arrivée mercredi soir dans l’auberge de jeunesse Masaya, chaîne d’auberges haut-de-gamme tenue par mon cousin. Une merveille, on se croirait plus dans un palace que dans un hostel, pour le même prix ! Je décidai de ne passer qu’une nuit là-bas avec pour objectif de faire une randonnée de deux jours dans le Parque Tayrona dès le lendemain. Randonner seule n’étant pas ma grande passion, loin de là, je m’étais renseignée sur un trek organisé par l’agence partenaire de l’auberge. Aïe, dès mon arrivée le réceptionniste m’informe que le trek n’est pas disponible. Angoisse, stress, doute, que vais-je faire ?? Certaines personnes m’avaient dit qu’il n’était pas nécessaire d’avoir de guide au Tayrona et qu’on rencontre forcément des gens en chemin, dans le bus ou à l’entrée du parc. Le réceptionniste m’indique comment y aller et où aller une fois dans le parc, je me dis donc que je n’ai pas le choix, départ 8h le lendemain. J’avoue m’être sentie pour la 1ere fois très très seule ce soir-là, en me posant de multiples questions sur ce voyage: « ai-je bien fait de partir ? c’est la basse saison en Amérique latine, je ne savais pas, j’aurais du me renseigner plus tôt ! J’aurais du commencer par l’Asie, je suis nulle », bref nuit compliquée, réveil difficile. Je vais prendre mon petit déj et là je vois 3 garçons à une table, bon style, bonnes têtes et qui parlent anglais. Je prends mon courage à deux mains et me dis « tu n’as rien à perdre, va les voir et demande-leur s’ils vont au parc pour y aller avec eux ». Je respire, je réfléchis 5min et hop! j’y vais, je me lance. Je leur explique la situation, ils me disent qu’ils ont prévu d’aller à Minca aujourd’hui (une autre randonnée dont j’avais entendu parler) et qu’ils iraient demain à Tayrona pour deux jours, me proposant de me joindre à eux sans problème. Du coup, évidemment je dis oui et nous avons passé 3 jours ensemble. 1 Espagnol, 1 Colombien, 1 Hollandais. Mélange de rires, de motivation, de démotivation, de solidarité, d’expériences, bref un bel enrichissement encore une fois ! Je prends tellement de plaisir à faire des rencontres, c’est peut-être ce qui me plaît le plus en voyage, oser aller vers l’autre pour passer des moments inoubliables. Rdv 15min en bas. 15min pour préparer mon sac de rando et ranger mon gros sac, tout ce que j’aime…J’aurais du compter le nombre de fois où j’ai packé et dépacké mon sac, je dirais…40 fois ? Bref, départ pour Minca :
45min de bus pour faire connaissance (et dormir un peu) puis 1h de marche en pleine nature pour arriver aux premières chutes d’eau. Ce que je ne dis pas c’est que le climat est humide sur la côte Caraïbes, trèèèèès humide. On n’a pas fait 100 mètres sur du plat qu’on est déjà trempé (je sais, le glamour n’est pas mon fort en ce moment) ! Mais le décor qui nous attend vaut bien la peine. De grandes chutes d’eau entourées de verdure tropicale et couplées au chant des oiseaux, c’était magnifique. Eau un peu fraîche mais qu’est-ce que ça fait du bien ! On se baigne, on déjeune en haut des chutes, on se repose et on s’en va, direction l’hostel au pied du Parque Tayrona pour départ le lendemain matin.

Arrivée à l’hostel Villa del Rio. Pas de clim, chutes d’électricité à cause de l’orage, odeur d’égout et d’urine émanant de la salle de bain, mais pour 7€ la nuit on allait quand-même pas se plaindre..Départ 8h pour le Parque Tayrona: Voyager avec des hommes me permet de tester les transports en commun citadins sud américains que je ne prendrais pas seule et c’est une belle expérience: Déjà, les portes des bus restent ouvertes pour qu’à certains stops des vendeurs ambulants sautent dans le bus pour vendre soit de l’eau, soit de la nourriture, soit de la musique. Les bus n’étant pas climatisés, la bonne stratégie est de se mettre près d’une fenêtre ouverte, à l’ombre. Attention à ne pas sortir son portable car les motards passent en coup de vent, prennent le téléphone et s’enfuient sur leur moto.
Entrée du parc: 15 000 pesos (4€) pour les résidents colombiens…56 000 (16€) pour les touristes !! Ca commence bien ! Andres m’annonce alors que nous allons atteindre notre première étape, Cabo de San Juan,…à cheval ! J’ai toujours eu une peur bleue des chevaux, je n’ai jamais fait d’équitation (sauf une journée poney en colo de vacances à l’âge de 12 ans) mais l’objectif de ce voyage étant de me dépasser, j’accepte le challenge ! Heureusement, mes acolytes, compréhensifs et solidaires, m’expliquent patiemment comment monter sur un cheval et tenir les rênes (on appelle ça des rênes, non ?) et Andres reste derrière moi pour s’assurer que je vais bien. Début de la rando sur une route plate, tranquille, je « gère ». La suite se complique un peu: c’est la saison des pluies en Colombie donc de la boue partout, je commence déjà à avoir de la peine pour mon cheval. Puis on gravit des chemins étroits de 30cm de large, bordés de roches, en montée et en descente. Le cheval saute pour monter et glisse pour descendre. 1ere réaction ? Je pleure d’angoisse, évidemment. Je croise des gens qui marchent, j’ai envie d’échanger mon cheval contre leurs chaussures et de continuer toute seule. Cette fois, croyez-moi je m’en foutais totalement d’être seule !! Mais bon, Andres était là pour me rassurer, m’expliquant gentiment que les chevaux ont l’habitude d’emprunter ce chemin et qu’il ne va rien m’arriver. Bas et Fernando avaient pris de l’avance. A l’arrivée, Bas, tout sourire, me dit « Alors Margaux comment c’était ? » Je pleurais, il a vite compris et m’a dit qu’effectivement pour une première ce n’était pas facile.

Le principal est que sommes arrivés sains et saufs à Cabo de San Juan, notre logement pour la nuit. Nous réservons donc notre hamac, déposons nos affaires dans les casiers, enfilons un maillot et allons nous rincer dans l’eau turquoise de la plage de sable blanc. Le paradis à portée de main !

Déjeuner et après-midi plage avant la tombée de la nuit. Le soir, retour 15 ans en arrière en colonie de vacances. 6 douches pour une centaine de personnes, toilettes communes sans papier et en plus de ça j’avais perdu mes tongs, et dans ce genre de situations on en a bien besoin ! Mais bon, je le savais avant d’arriver donc je n’étais pas très surprise. Le soir, bières sur la plage à discuter avec d’autres backpackers rencontrés dans la journée. 21h direction les hamacs pour dormir. Personnellement, quand on est équipé d’une lampe frontale, d’un sac à viande (= mini sac de couchage) et d’un bouquin, on se sent très bien dans un hamac ! En plus, entourée de mes 3 nouveaux amis, je savais que s’il m’arrivait quoique ce soit (une araignée qui me tomberait dessus par exemple), je pouvais compter sur eux sans souci ! Nuit au top, pas d’araignée, parée pour une seconde journée rando.

Cette fois, nous longeons plusieurs plages recommandées dans les guides: La Piscina, Arenilla et Arrecifes. Les plages paradisiaques et les chemins tropicaux qui les séparent apportent un mélange de jungle et de farniente très agréable. D’autant plus que l’on a croisé une petite fratrie d’indigènes qui nous a permis de voyager hors du temps. En effet, une communauté d’indigènes vit dans les hauteurs du parc toute l’année. Le parc étant pour eux une terre sacrée, celui-ci, après la haute saison des mois de décembre et janvier, est fermé en février afin que les animaux reviennent et que le parc retrouve sa vraie nature. Donc pour info, si vous allez en Colombie en février, vous ne pourrez malheureusement pas profiter du parc !


Le restaurant en hauteur étant hors de prix, nous décidons de redescendre le parc et d’attendre d’être à l’hostel pour déjeuner. Il faisait une chaleur de bête, Bas commençait à avoir la tête qui tourne. Dans ces moments-là on se rend compte que l’eau est vraiment un indispensable, et je pense que la nourriture aussi. 6h sans rien manger, à devoir monter des rochers et des escaliers sous une chaleur insurmontable n’est pas la meilleure chose à faire…
Nos chemins se séparent après le déjeuner (bien mérité) et je les remercie du fond du coeur de m’avoir emmenée avec eux. A chaque fois que je quitte un endroit je me demande toujours si le suivant sera aussi bien que le précédent, et très souvent c’est le cas. Mais il faut parfois forcer le destin pour que ça arrive, je ne regrette pas de l’avoir fait.
Départ pour Costeno Beach où le lieu ressemble plus à un hôtel de plage haut de gamme qu’à une auberge, où les dortoirs ressemblent plus à des suites parentales qu’à des chambres de colo et où mon plus grand bonheur sera de prendre une douche, nettoyer toute la boue sur mes jambes, mes mains et mes pieds, nettoyer mes cheveux et me rafraîchir un peu. Je rencontre cette fois Seja, une indienne de 43 ans vivant à Londres et ayant décidé comme moi de partir découvrir le monde pour 1 an. Notre itinéraire sera quasiment le même en Amérique latine, on s’est même dit qu’on pourrait fêter Noël ensemble en Bolivie/au Chili. Rencontre à suivre…
Bravo Margaux, tu es vraiment formidable de te dépasser ainsi. Tu peux être fière de toi.
J’ai énormément de plaisir à lire tes compte rendu et voir tes magnifiques photos.
Plein de gros bisous.
Virginie
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Merci Virginie !! Ça me fait plaisir ce message, vraiment ! Effectivement c’est pas toujours facile mais quelle fierté une fois que c’est passé 😉 je continuerai à publier régulièrement donc je suis ravie que tu me suives. Gros bisous
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J’adore lire tes récits ! Je t’imagine sur ton cheval, je ris !
Ça a l’air dingue ! Tu m’épate !
Hâte des prochains posts
Grosse bise
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