
Ça y est, les 20% restants de liberté approchent à grand pas ! Tente, matelas et sac de couchage accrochés au sac, courses spéciales camping (=pain, boîtes de thon, pommes et carottes + lingettes nettoyantes pour le corps en cas d’absence de douche) et plein d’essence effectués, Margaux la campeuse is on the road again ! Merci Aurélien de m’avoir donné l’envie de planter ma tente, merci Bastien de m’avoir appris à monter une tente et merci Louis pour tes conseils en plats spécial camping ! Comme quoi, on trouve toujours des gens pour nous aider en chemin…
Je commence la journée par le parapente à 8h avant de prendre la route pour 4h vers le free camp d’Hokitika. Un free camp c’est un brin d’herbe avec des toilettes et un lavabo 👍 5$ la nuit, ça vaut le coup ! Douches inexistantes, merci les lingettes ! Je rencontre une jeune Allemande qui dort près de mon petit chez-moi, avec qui je passerai la soirée avant de dormir frigorifiée et de me réveiller avec un mal de dos énorme du à un matelas de sol que j’avais totalement surestimé.
Départ donc pour 5 nouvelles heures de route vers Motueka, au pied du Parc National Abel Tasman où je passerai une bonne petite nuit avant les 3 jours de camping qui m’attendent, j’ai tellement hâte !
Arrivée au parc Abel Tasman, je commets une première erreur : Avoir cru que j’allais pouvoir porter sur mon dos pendant 3 jours mon matériel de camping, mes quelques vêtements, ma nourriture pour 3 jours, ma poubelle…
1ère journée douloureuse mais je rencontre un groupe de jeunes en chemin qui me permettent d’oublier assez vite le poids du sac. Arrivée au campement en bord de plage après 4h de marche, opération plantage de tente dans un endroit abrité du vent. Tout est prêt, tente cadenassée, je peux aller me poser pour bouquiner au bord de l’eau, on se plaint pas !

Le soir je rencontre un groupe de Chiliens/Espagnols/Brésiliennes. Combo gagnant pour parfaire à nouveau mon espagnol que je suis en train d’oublier petit à petit…Ils me proposent de démarrer le trajet du lendemain avec eux jusqu’à l’étape « Bark Bay » où nos chemins se sépareront car ma route continuera jusqu’au campement de Awaroa. Deuxième erreur ! Awaroa se trouve à 8h de marche du campement où je me trouve. En réservant ma place en camps (réservation obligatoire) je me suis dit « 8h de marche sur du terrain plat ? Easy, je suis habituée aux 8h en sommets moi ! », tu parles ! J’avais oublié le poids du sac sur le dos ! Et il fallait que je sois au campement pour 18h. J’ai donc rapidement lâché le groupe pour me magner un peu puis petit à petit je me suis mise à désespérer, à m’énerver seule en chemin et arrivée à la première étape après 4h de marche, je me suis effondrée auprès d’un couple de français qui avait repéré que je n’étais pas au top de ma forme. Je leur explique que j’ai encore 4h de marche, que je n’ai clairement plus de dos et que je n’arriverai jamais à atteindre le second campement. Heureusement une « ranger » – ou garde-côte – me dit que des bateaux taxis passent régulièrement chercher des randonneurs pour les amener d’un point A à un point B et que je pourrai certainement monter à bord du prochain bateau. MERCI MON Dieu !! Ouf, soulagée j’attends sur la plage au milieu des guêpes et des bourdons qui me tournent autour. Bonne nouvelle, ils ne me font plus peur aujourd’hui, je suis guérie !! Et oui, quand on a personne autour de soi pour les chasser, on doit bien se débrouiller seule, je respire, je souffle, je me calme et les chasse en deux temps trois mouvements 💪.
Bref je monte à bord du bateau 1h plus tard pour arriver sur une plage à 1h30 à pied du campement. Merci Astrid pour tes bons conseils sur l’écoute des Grosses Têtes, ils me permettent de ne pas penser à la souffrance ressentie du à mon sac et l’équipe de Laurent Ruquier me fait même beaucoup sourire ! Apres 3/4 d’heure de marche je me retrouve au point d’orgue de ce trek : une lagune de sable blanc entourée d’eau aux 1000 et 1 nuances de bleu. Je suis certes fatiguée mais le sourire et la joie sont de retour, je n’ai pas fait tout ça pour rien !!

Arrivée au second campement je plante ma petite tente rose près d’un couple d’espagnols et d’une famille d’Argentins, décidément le destin ne veut vraiment pas que j’oublie l’Amérique du Sud ! Petite douche au tuyau d’arrosage avant de déguster un bon wrap au thon et un kiwi 😏, on adore la cuisine de camping ! Je fais alors la connaissance d’un Allemand et d’un Suisse lors de la session vaisselle qui suivent le même chemin que moi le lendemain. Nous partons donc le lendemain matin à 3 pour la traversée de la lagune sous marée basse et en longeant ensuite la côte pendant 2h. Une bien belle et dernière promenade avant d’attraper mon bateau taxi qui me ramènera à l’entrée du Parc où se trouve ma voiture.
Conclusion sur ces 3 jours à Abel Tasman:
– 38km parcourus et 63 500 pas
– 2 très belles rencontres
– Un coup de cœur: la lagune d’Awaroa
– Une déception : m’être cassé le dos à cause de mon sac !
– Une surprise : J’ai tenu 3 jours !!
– Si c’était à refaire : je supprimerai une étape pour ne faire que 4h de marche par jour et je trouverai quelqu’un avec qui randonner
Mais par dessus tout, j’ai ressenti cette expérience comme un vrai challenge, que j’ai réalisé certes non sans peine mais au milieu d’une nature si belle qu’on en oublie très vite la souffrance pour s’adonner à une véritable admiration. A refaire différemment mais sans hésitation !