Philippines – Banaue et Batad : Du riz, du riz, encore du riz !

Photo crédit Jorge Vazquez. Insta @blockngo

Après 15 jours de détente, farniente, bien-être entre copines, Val me quitte et moi je pars en direction des rizières de Banaue et Batad, dans le Nord du pays. Un voyage à l’opposé de ce que nous avons vécu à El Nido et Coron mais tellement ressourçant, touchant et impressionnant, un vrai coup de cœur !

Il m’aura fallu plusieurs galères avant d’atteindre ces rizières, mais No panic, tout va bien se passer…

Je m’explique: avant de partir à la découverte de la création du riz, je m’étais bien évidemment renseignée sur internet pour savoir où aller, comment y aller, comment trouver un guide pour faire un trek de 2-3 jours. On me dit que je dois simplement prendre un bus de nuit Manille-Banaue, ne rien réserver sur place à l’avance, que de toute façon les guides attendent les voyageurs à la sortie du bus, les emmènent au Tourist Information Center et créent des groupes de trek. Ok…première fois que je fais ça, partir totalement à l’inconnu avec un simple billet sans retour, mais je fais confiance aux voyageurs depuis 7 mois alors pourquoi s’arrêter là !

Je passe toute la journée au Starbucks de Manille à attendre mon bus qui part à 21h. Arrivée à l’arrêt de bus je vous laisse imaginer la scène : Manille, une ville engorgée de voitures, avec des petits stands vendant de la nourriture « fraîche » à chaque coin de rue, vous savez, les barbecues ambulants, des Klaxons encore plus fréquents qu’à Paris, tout ça dans le noir, avec mon sac à dos et mes baskets une fois déposée par le taxi. Ça commence bien. Le terminal de bus n’est composé que de bus et d’un mini guichet. Pour le reste, on attend debout que ça se passe, en ayant le plaisir de recevoir dans les narines la bonne odeur de pot d’échappement des bus, eux-mêmes assez vétustes, qu’on se le dise.

C’est parti pour 10h de bus en compagnie d’un voisin Philippin qui a du penser avoir réservé une place et demi en me laissant donc la moitié d’un siège, sans ceinture de sécurité, heureusement près de la fenêtre. Bref, je ne bronche pas. Boules quies dans les oreilles, masque sur les yeux, on se détend. 2h du matin, gros embouteillage dans les montagnes. Coincés sans bouger pendant 3 bonnes heures à cause de deux camions qui se sont rentrés dedans. En même temps pas étonnant quand on double dans les virages, au petit bonheur la chance (ou pas) ! Nous arrivons donc à destination avec 3h de retard. Je descends du bus, personne à la sortie. Je me dirige vers le Tourist Information Center en demandant s’il y a un groupe qui part le lendemain randonner. On me répond que non. Je croise un couple de voyageurs, je leur demande s’ils ont prévu de randonner avec un groupe, ils me disent qu’ils partent à deux dans 10min pour trekker librement. Je perds tout espoir, tout ça sans wifi mais en me disant simplement « tu es dans un petit village, tu n’as pas de billet retour donc si tu ne pars pas demain, ce n’est pas grave tu partiras après-demain ! », je me surprends à ne pas du tout paniquer. Je demande un endroit avec wifi, on m’accompagne dans un resto. Je vois 3 jeunes assis à une table, je leur demande s’ils comptent randonner le lendemain, ils me disent qu’ils sont arrivés hier et partent randonner 10min plus tard, me proposant de venir avec eux mais moi trop fatiguée je leur dis que j’ai besoin de me reposer. Ils me conseillent donc leur Hostel en me disant qu’une Allemande recherche aussi un groupe de trek. Jackpot, direction le Pink Hostel Banaue, l’espoir remonte !

Arrivée à l’hostel je tombe directement sur cette Allemande, nous discutons un peu de notre programme du lendemain. Le guide touristique travaillant à l’hostel vient à notre rencontre pour nous proposer un trek, en nous disant que d’autres voyageurs allaient arriver. Ça n’a pas manqué, deux Suédoises, un Français, une Italienne et un Espagnol débarquent. Le groupe est au complet, nous partons le lendemain à 7 découvrir cet endroit magique que l’on appelle Batad. Les voyageurs avaient raison: ne rien prévoir était bien la meilleure option, aucun regret encore une fois !

Départ 8h30 pour 8h de randonnée dont 4 sous une pluie diluvienne. Avec un bon kway, « no problem my friend » comme ils disent, le paysage reste absolument magnifique, je me dis même que sous le soleil ça doit être moins impressionnant. Une nature étourdissante, d’un vert éblouissant, on adore. Nous arrivons à 18h dans le petit village de Batad où nous sommes accueillis pour la nuit dans une guesthouse typique philippine. Les chaussures et chaussettes sèchent au bord du feu pendant que les enfants du village nous offrent un spectacle authentique trop mignon. Étant donné que la guesthouse est composée à 95% de Français, ils nous chantent les chansons françaises de notre enfance, tous en cœur. Nous avons vraiment apprécié ce moment.

Photo crédit Jorge Vazquez. Insta @blockngo
Photo crédit Jorge Vazquez. Insta @blockngo

20h30, l’heure de dodo a sonné, une dure journée nous attend le lendemain, que nous ne soupçonnions pas être aussi intense physiquement !

Premier arrêt viewpoint sur les rizières de Batad. Un régale pour les yeux, des rizières à perte de vue, sous le soleil cette fois, une merveille.

2e arrêt, les cascades. Je vous peins le tableau: 100 ÉNORMES marches à descendre, une petite baignade et ces 100 ÉNORMES marches à remonter par la suite. Je n’arrivais même plus à respirer et remerciais les habitants d’avoir installé une rembarde tout le long des marches pour pouvoir m’y agripper comme une âme en peine. Heureusement Luc mon acolyte se tient derrière moi pour m’encourager jusqu’au bout. Quelle fierté en arrivant en haut, et quel soulagement !

Notre guide nous dit alors que nous avons encore 45min de marche en montée pour arriver au point culminant du trek, le restaurant en hauteur avec vue à 360 degrés sur les rizières. L’émerveillement ne s’arrêtera donc jamais ! Nous mangeons évidemment du riz absolument délicieux et repartons pour Banaue en fin d’après-midi.

Photo crédit Jorge Vazquez. Insta @blockngo

Ayant à l’origine prévu de prendre un bus de nuit dès notre retour à Banaue direction l’île de Siargao au sud des Philippines, Jorge l’Espagnol et Luc le Français me proposent de rester une journée de plus ici avec eux et de continuer le voyage tous les 3 dans le sud. Je n’hésite pas et décale mon retour (les joies de ne rien prévoir à l’avance). Nous aurons finalement choisi l’île de Bohol.

Le lendemain départ avec Luc en moto pour découvrir les rizières de Mxxxxx, rizières encore protégées et méconnues des touristes, que des locaux philippins à Manille lui avaient conseillé de voir en nous demandant de garder le secret, d’où tous les xxxxxx, désolée ;). 2h de moto à sillonner les montagnes sous le soleil au bord des rizières. Petite écorchure au pied oblige, nous arrivons tout de même sains et saufs dans ce petit village paisible et en retrait, loin de tous les « blancs », nous étions seuls entourés des cultivateurs, dans une ambiance nature et sauvage.

Les rizières ne sont pas aussi bien taillées et géométriquement parfaites que celles de Batad, mais justement ça apporte une touche plus naturelle et « vraie », on se rend alors compte que le tourisme joue certainement grandement dans le fait que les rizières de Batad sont si bien entretenues. Nous sommes allés à la rencontre des cultivateurs qui nous guidaient quand on se perdait, de belles rencontres même rapides, d’une richesse à en perdre les mots. 1h loin du tourisme de masse dans lequel on vit depuis 3 semaines, un bonheur. On voit que leur travail est monstrueusement fatiguant mais ils sont toujours aussi gentils et accueillants, c’est dingue cette gentillesse à 1000% !!

Nous reprenons la route, Luc en profite pour m’apprendre à faire de la moto et j’adore ça ! Encore quelques progrès à faire mais je comprends que l’on puisse être passionnés par ce sport !

Retour à l’hostel où l’on prépare nos affaires direction le bus de nuit dans lequel nous avons cru mourir à plusieurs reprises, suite au prochain épisode…

Pour ne pas déroger à la règle, voici une petite vidéo pour vous immiscer un peu plus dans la vie des villageois de Batad…


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