
Un an pile après le grand saut (17 septembre 2018), il est temps pour moi de vous faire part de mes ressentis, mes craintes, ce que j’ai aimé, moins aimé, après 8 mois et demi autour du Monde.
Il y a plus d’un an j’écrivais mon premier article L’impossible n’est rien, expliquant les raisons de mon départ et ma perception du bonheur. J’ai quitté la France avec en tête la citation de Nietzsche « Deviens ce que tu es quand tu l’auras appris » (petit clin d’œil à Nico). Je ne sais pas si je l’ai appris mais en tout cas je commence à percevoir ce que je suis. Merci le monde.
Avant tout cela, voici mon Tour du Monde en quelques chiffres :
- 242 jours
- 3 continents – Amérique latine, Océanie, Asie
- 11 pays – Brésil, Colombie, Galapagos (Équateur), Pérou, Chili, Argentine, Nouvelle-Zélande, Australie, Philippines, Birmanie, Bali
- 9 fuseaux horaires
- 86 052 km parcourus
- 25 randonnées
- 21 plongées sous marine
- 34 merveilleuses rencontres

Mille mercis…
Merci d’abord à toi Constance de m’avoir poussée à partir, à tout quitter pour prendre cet avion à la découverte du monde !
Merci à vous Claire, Stéphane et Eglantine – tous trois ayant voyagé pendant 1 an – de m’avoir tant aidée et rassurée avant le départ, quelle chance de vous avoir connus.
Merci à toutes les belles rencontres dont je me souviendrai à vie: Thomas, Ben, Anass, Federico et Anna au Brésil; Andres, Fernando, Bas et Bart en Colombie; Itay et Carly aux Galapagos (Carly ma compagne de voyage pendant 1 mois); Tim, Julian, Benita et Lukas au Pérou; Benoît et Charles au Chili; Aurélien et Bastien en Nouvelle-Zélande; Erika et Angela en Australie; Laurent, Marie, Luc et Jorge aux Philippines, et enfin Yann, Loïc, David, Ludo, Paul et Dillon à Bali.
J’ai aimé ces rencontres car elles m’ont permis de côtoyer des gens que je n’aurais jamais croisés ailleurs dans ma vie: Brésiliens, Australiens, Israéliens, Péruviens, Américains, Allemands, Suisses, Colombiens, Espagnols, Hollandais. Quel enrichissement. Ou des Français à qui je n’aurais jamais parlé en France parce que nous n’aurions pas eu la même vie, pas les mêmes loisirs, pas le même style. Mais en Tour du Monde on passe au-dessus de tout ça, il n’y a pas de barrière, on se ressemble tous, quelque soit le milieu social ou nos idées politiques : on est juste des VOYAGEURS.
Enfin, merci à vous tous de m’avoir suivie, vos encouragements ont énormément compté.
Pourquoi un retour à Paris ?
J’ai hésité à vivre à l’autre bout du monde, j’ai adoré Rio, Buenos Aires et Sydney. Puis j’ai rencontré un Français ayant quitté la France il y a 15 ans pour vivre en Israël. Quand je lui ai fait part de cette idée, il m’a demandé « tu gardes souvent contact avec tes amis et ta famille en voyage ? » je lui ai dit que oui, que j’avais besoin de nouvelles quasi tous les jours, que même en voyageant seule j’avais besoin d’eux. Il m’a demandé si j’avais des frères et sœurs, des neveux. Je lui ai alors dit que je regrettais de ne pas les voir assez souvent. C’est là qu’il m’a répondu « tu sais Margaux, partir à l’Etranger quand on est jeune c’est top. Nouvelle culture, nouvelles rencontres, nouveau job et la vie d’expat’ c’est vraiment une chance. Du moins sur le court terme. Tu as 28 ans, il faut penser long terme: tu sais que partir loin est un déracinement, tu quittes ta famille et tes amis, tu ne verras que très peu tes neveux grandir, pense à ça aussi ». J’y ai réfléchi et en ai conclu que retourner vivre à Paris serait aussi pour moi un nouveau chapitre à entamer, une nouvelle vie plutôt qu’un retour en arrière, mais cette fois auprès de ma famille. Il ne m’en a pas fallu plus pour décider que les années à venir se passeraient à Paris et non ailleurs.
Et maintenant, je fais quoi ?
De là a émergé dans ma tête un nouveau projet professionnel qui se concrétise aujourd’hui. Après avoir voyagé 2 mois et demi, je me suis découvert une passion pour les auberges de jeunesse : aujourd’hui à la fois confortables et de qualité, elles nous permettent de rencontrer des gens venant des 4 coins du monde, de découvrir une nouvelle culture, de nouveaux endroits, bref un concept très peu développé en France. J’ai alors fait quelques recherches sur internet et là ça a fait tilt : je veux monter une auberge de jeunesse en France. Ce projet m’enthousiasme et m’impatiente, je me dis qu’il me permettra en quelques sortes de continuer le voyage et d’offrir autant de joie aux voyageurs que ces auberges m’en ont apportée pendant 8 mois et demi. Affaire à suivre…
Qu’ai-je le plus aimé pendant ce voyage ?
- J’ai aimé partager sur ce blog le récit de mes aventures, merci pour vos encouragements. Mon frère Hugo s’étonnait du fait que j’avais tant besoin d’écrire alors que le but du voyage était de le faire seule. La réponse est simplement que oui, j’entreprends ce voyage toute seule et je m’émerveille seule mais en soi, je ne partage ce bonheur avec personne alors l’écriture et le partage auprès de vous me donnent le sentiment que vous êtes avec moi dans mes plus belles découvertes.
- J’ai adoré admirer la beauté de ce que nous offre notre planète, des endroits grandioses et paisibles où l’on se sent tout petit et l’esprit ailleurs, où l’on vit à 100% l’instant présent. Heureusement je n’ai pas tout vu et j’ai hâte de continuer à découvrir le monde jusqu’au bout, toute ma vie !
- J’ai aimé enfiler mes baskets pour aller randonner, enfiler mon maillot pour découvrir des plages paradisiaques, faire la fête avec des inconnus jusqu’à pas d’heure, dormir dans des communautés indigènes en ne se concentrant que sur l’essentiel, prendre des bus de nuit dans des endroits vraiment glauques en me disant après coup « t’es une femme et tu l’as fait toute seule », surmonter des galères sans jamais baisser les bras, organiser minutieusement mes séjours à droite à gauche grâce aux blogs de voyageurs, changer tous mes plans au gré des rencontres.
- J’ai adoré quitter mon confort et mon hygiène quotidiens et vivre avec 14kg de bagages pour 9 mois, dormir en dortoirs, partager mon salon, ma cuisine, ma salle de bain avec des inconnus (ce qui peut paraître totalement incompréhensible quand on ne l’a pas vécu). Ces choses-là apportent aussi un peu de fierté…
- J’ai adoré parler couramment l’espagnol et l’anglais, quelle chance de pouvoir s’exprimer partout…
Ce que j’ai moins aimé…
- J’ai moins aimé les quelques personnes irrespectueuses dans les dortoirs (j’allume la lumière à 3h du mat quand je rentre de soirée, je parle haut et fort à mes potes en pleine nuit, je laisse de la bouffe dans la chambre, et j’en oublie sûrement), trouver une araignée dans mon lit en pleine nuit à Bali, des cafards dans les douches et les toilettes, des mouches qui piquent en Australie, mais j’ai survécu c’est le principal…
- J’ai moins aimé me faire arnaquer parce que j’avais une tête de touriste ou parler anglais avec le meilleur accent qu’il soit et qu’on me dise « are you French ? » aïe passer pour une anglophone c’est raté !
- J’ai moins aimé prendre 4kg en Amérique latine car ça craint de manger des légumes et que les spécialités locales (-> grasses) sont délicieuses.
- Je dois avouer qu’après 7 mois de voyage j’en ai eu vraiment mare de faire connaissance avec des gens. Je commençais à me lasser de tout le temps répéter la même chose aux gens, poser toujours les mêmes questions et égoïstement, je n’en avais plus rien à faire de la vie des autres en voyage ! Heureusement quelques jours plus tard mes meilleures amies m’ont rejoint en Asie ce qui m’a permis de faire une petite pause pour repartir comme en 40 et finir le voyage sur une bonne note !
- Enfin j’ai eu beaucoup de peine de voir que tant de populations n’ont pas reçu d’éducation à la préservation de l’environnement, c’est pourtant tellement important…
Pour conclure, parce que là ça fait 5 minutes que vous me lisez et ça pourrait prendre une heure, ce Tour du Monde a été pour moi une vraie réussite, chaque jour un épanouissement, un enrichissement personnel et un véritable accomplissement. La découverte de la liberté à 100%. Il m’a fallu du courage, un peu d’audace peut-être, du bon sens et de la force, et je n’ai aucun regret. J’en suis fière. Reste plus qu’à ne garder que le meilleur de tout ça, regarder en avant et surtout pas en arrière pour éviter la nostalgie des bons moments mais faire en sorte qu’ils me servent chaque jour.
Alors maintenant je confirme ce que j’ai écrit il y a 1 an « L’impossible n’est rien » osez votre vie, on n’en a qu’une et elle est courte. Bon voyage !
Bravo Margaux pour cet extraordinaire voyage : tu peux être fière de toi !
Tes récits réguliers, splendidement illustrés, nous ont permis de voyager avec toi : préservons la planète, elle est belle.
Pour toi garder un lien avec tes proches, pour nous suivre ton parcours et avoir la joie de te voir épanouie et en bonne santé.
Riche de ces belles expériences, de ces rencontres inoubliables, tu te lances un nouveau defi,et tu demarres un nouveau projet.
Hâte d’inaugurer ton auberge de jeunessse.
À bientôt sur Paris ou Lille !
Bien amicalement,
Nathalie
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